Calculer le cashflow d'un investissement locatif

Le cashflow, c'est ce qui reste sur votre compte chaque mois une fois le loyer encaissé et tout payé : mensualité, assurance, charges et impôts. Pour le calculer, partez du loyer et retirez chaque dépense, mois par mois. Voici la formule, un exemple complet à crédit et le rendement brut à viser pour qu'un bien s'autofinance.

−765 €/moisCashflow de l'exempleT2 à Lyon financé à crédit sur 20 ans
631 €/moisCapital rembourséLa part de l'effort qui reste à vous
7,6 %Rendement brut minimumPour que ce bien s'autofinance

Qu'est-ce que le cashflow d'un investissement locatif ?

Le cashflow est la différence, chaque mois, entre ce que le bien vous rapporte et tout ce qu'il vous coûte, crédit et impôts compris. C'est l'indicateur qui dit si l'investissement pèse ou non sur votre budget.

Il peut être de trois natures :

Le rendement mesure ce que le bien rapporte par rapport à son prix, quel que soit le financement. Le cashflow, lui, dépend directement de votre crédit. Les deux sont complémentaires : notre méthode de calcul du rendement brut, net et net-net suit le même appartement, acheté comptant.

Comment calculer le cashflow mensuel ?

Le cashflow mensuel se calcule en retirant du loyer hors charges la mensualité du crédit, l'assurance emprunteur, les charges du propriétaire et les impôts, ramenés au mois.

Cashflow = loyer − mensualité − assurance emprunteur − charges − impôts

Pour un calcul juste :

Exemple : un T2 à Lyon acheté à crédit

Reprenons le bien fictif de notre article sur le rendement, cette fois financé par la banque :

La mensualité de ce crédit est de 1 202 € (hors assurance). Le calcul du cashflow mensuel :

  1. Loyer : + 670 €
  2. Mensualité : − 1 202 €
  3. Assurance emprunteur : − 53 €
  4. Charges : − 180 €
  5. Impôts : 0 €

Cashflow : −765 € par mois, soit 9 180 € par an à sortir de votre poche.

Pourquoi l'impôt est-il nul la première année ?

Parce qu'au régime réel, les intérêts d'emprunt se déduisent des loyers. Le régime réel consiste à déclarer vos charges réelles au lieu de l'abattement forfaitaire de 30 % du micro-foncier.

La première année, vous payez 6 849 € d'intérêts. Avec l'assurance (633 €) et les charges (2 160 €), vos dépenses déductibles atteignent 9 642 €, plus que les 8 040 € de loyers. Le résultat est un déficit foncier de 1 602 € : aucun impôt cette année, et ce déficit vient réduire vos revenus fonciers des années suivantes.

Au micro-foncier, le même propriétaire paierait 2 656 € d'impôts par an. Avec un crédit, le réel est presque toujours plus avantageux.

Un cashflow négatif est-il un mauvais investissement ?

Pas forcément : une grande partie de l'effort d'épargne rembourse votre propre capital. La première année, sur les 1 202 € de mensualité, 631 € remboursent l'emprunt et 571 € paient les intérêts.

Les 631 € de capital remboursé ne sont pas perdus : ils deviennent du patrimoine, tant que le bien garde sa valeur. Le vrai coût mensuel de l'opération, c'est-à-dire les intérêts, l'assurance et les charges non couverts par le loyer, est d'environ 134 € la première année.

La vraie question est donc double : pouvez-vous supporter 765 € par mois pendant des années, y compris en cas de vacance ou de travaux ? Et le prix d'achat est-il assez juste pour que le bien ne perde pas de valeur ?

Comment évolue le cashflow sur 20 ans ?

Le cashflow ne reste pas figé : il se dégrade à mesure que les intérêts déductibles diminuent, puis devient positif une fois le crédit remboursé. Dans notre exemple, il reste à −765 € pendant 12 ans, le temps que les intérêts et le déficit reporté effacent l'impôt.

À partir de la 13e année, les intérêts ne suffisent plus et l'impôt réapparaît. Le cashflow descend jusqu'à −961 € la 20e année. Une fois le crédit soldé, le bien rapporte enfin : +259 € par mois après impôts.

Ces chiffres supposent un loyer et des charges constants. En réalité, le loyer est révisé chaque année selon l'indice de référence des loyers (IRL), ce qui améliore la fin de parcours.

Le cashflow se dégrade quand l'impôt revient, puis devient positifT2 fictif, emprunt de 211 000 € sur 20 ans à 3,30 %, régime réel, TMI 30 %, loyer et charges constants
-1 000 € €/mois-500 € €/mois0 € €/mois500 € €/mois259 € €/moisAn 1An 4An 7An 10An 13An 16An 19An 1 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 2 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 3 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 4 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 5 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 6 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 7 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 8 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 9 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 10 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 11 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 12 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 13 — Cashflow mensuel : -829 € €/moisAn 14 — Cashflow mensuel : -861 € €/moisAn 15 — Cashflow mensuel : -877 € €/moisAn 16 — Cashflow mensuel : -892 € €/moisAn 17 — Cashflow mensuel : -909 € €/moisAn 18 — Cashflow mensuel : -926 € €/moisAn 19 — Cashflow mensuel : -943 € €/moisAn 20 — Cashflow mensuel : -961 € €/moisAn 21 — Cashflow mensuel : 259 € €/mois-1 000 € €/mois-500 € €/mois0 € €/mois500 € €/mois259 € €/moisAn 1An 9An 17An 1 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 2 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 3 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 4 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 5 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 6 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 7 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 8 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 9 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 10 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 11 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 12 — Cashflow mensuel : -765 € €/moisAn 13 — Cashflow mensuel : -829 € €/moisAn 14 — Cashflow mensuel : -861 € €/moisAn 15 — Cashflow mensuel : -877 € €/moisAn 16 — Cashflow mensuel : -892 € €/moisAn 17 — Cashflow mensuel : -909 € €/moisAn 18 — Cashflow mensuel : -926 € €/moisAn 19 — Cashflow mensuel : -943 € €/moisAn 20 — Cashflow mensuel : -961 € €/moisAn 21 — Cashflow mensuel : 259 € €/mois
Voir les données
Cashflow mensuel
An 1-765 € €/mois
An 2-765 € €/mois
An 3-765 € €/mois
An 4-765 € €/mois
An 5-765 € €/mois
An 6-765 € €/mois
An 7-765 € €/mois
An 8-765 € €/mois
An 9-765 € €/mois
An 10-765 € €/mois
An 11-765 € €/mois
An 12-765 € €/mois
An 13-829 € €/mois
An 14-861 € €/mois
An 15-877 € €/mois
An 16-892 € €/mois
An 17-909 € €/mois
An 18-926 € €/mois
An 19-943 € €/mois
An 20-961 € €/mois
An 21259 € €/mois

Source : Calcul FinDeal sur exemple fictif

Calculer mon cashflow

Quel rendement faut-il pour un cashflow positif ?

Pour qu'un bien financé à crédit s'autofinance, son rendement brut doit au moins couvrir l'annuité du crédit, l'assurance et les charges. La formule :

Rendement brut minimum = (annuité du crédit + assurance + charges annuelles) ÷ prix de revient × 100

Pour notre T2 : (14 430 + 633 + 2 160) ÷ 227 000 × 100 = 7,6 %. Il faudrait donc un loyer d'environ 1 435 €/mois pour atteindre un cashflow nul, plus du double du loyer réel.

Notre appartement affiche 3,54 % de rendement brut. Avec ce niveau de rendement et un crédit sur 20 ans aux taux de 2026, aucun montage bancaire classique ne le rend autofinancé. Ce calcul ignore l'impôt et la vacance : prenez-le comme un plancher, pas comme un objectif.

Comment améliorer son cashflow ?

Cinq leviers jouent sur le cashflow, avec des effets très différents. Le graphique ci-dessous les applique un par un à notre T2 :

Même avec tous ces leviers réunis, le cashflow reste négatif. Pour la location meublée, qui joue à la fois sur le loyer et sur l'impôt, voyez notre comparatif LMNP ou location nue en 2026.

Apport et durée pèsent plus que le loyer sur le cashflowCashflow mensuel de la 1re année, T2 fictif à Lyon, un levier à la fois
Situation de départ-765 € €/moisLoyer à 720 €-715 € €/moisPrix négocié à 195 000 €-670 € €/moisCrédit sur 25 ans-602 € €/moisApport de 50 000 € en plus-468 € €/moisLes trois premiers leviers réunis-469 € €/moisSituation de départ — Cashflow mensuel : -765 € €/moisLoyer à 720 € — Cashflow mensuel : -715 € €/moisPrix négocié à 195 000 € — Cashflow mensuel : -670 € €/moisCrédit sur 25 ans — Cashflow mensuel : -602 € €/moisApport de 50 000 € en plus — Cashflow mensuel : -468 € €/moisLes trois premiers leviers réunis — Cashflow mensuel : -469 € €/moisSituation de dépa…-765 € €/moisLoyer à 720 €-715 € €/moisPrix négocié à 19…-670 € €/moisCrédit sur 25 ans-602 € €/moisApport de 50 000 …-468 € €/moisLes trois premier…-469 € €/moisSituation de départ — Cashflow mensuel : -765 € €/moisLoyer à 720 € — Cashflow mensuel : -715 € €/moisPrix négocié à 195 000 € — Cashflow mensuel : -670 € €/moisCrédit sur 25 ans — Cashflow mensuel : -602 € €/moisApport de 50 000 € en plus — Cashflow mensuel : -468 € €/moisLes trois premiers leviers réunis — Cashflow mensuel : -469 € €/mois
Voir les données
Cashflow mensuel
Situation de départ-765 € €/mois
Loyer à 720 €-715 € €/mois
Prix négocié à 195 000 €-670 € €/mois
Crédit sur 25 ans-602 € €/mois
Apport de 50 000 € en plus-468 € €/mois
Les trois premiers leviers réunis-469 € €/mois

Source : Calcul FinDeal sur exemple fictif ; taux moyens août 2026, Observatoire Crédit Logement/CSA

Les erreurs qui faussent le calcul du cashflow

Un cashflow trop beau vient presque toujours d'une ligne oubliée. Les plus fréquentes, que l'on retrouve dans les 10 erreurs des investisseurs débutants :

Faire ce calcul automatiquement avec FinDeal

Ce calcul demande de croiser le crédit, les charges et la fiscalité, et de le refaire à chaque annonce. FinDeal le fait pour vous : vous saisissez le prix, la surface, la ville, le loyer et votre financement, et l'outil calcule la mensualité, le cashflow mensuel, la projection du cashflow sur 20 ans et attribue au bien un score sur 100. Pour la démarche complète, voyez comment analyser un bien en 30 secondes.

L'offre gratuite donne le score et les indicateurs essentiels. Les hypothèses de charges modifiables (gestion, copropriété, vacance, assurance) sont incluses dans l'offre Pro (voir les offres). Pour interpréter le résultat, lisez ce qu'est un bon score d'investissement.

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FAQ

Quelle est la différence entre cashflow et rendement locatif ?

Le rendement locatif compare ce que le bien rapporte à son prix, en pourcentage, sans tenir compte du financement. Le cashflow est un montant en euros : ce qui reste chaque mois après le loyer, la mensualité, l'assurance, les charges et les impôts. Un bien peut avoir un rendement correct et un cashflow négatif si le crédit est court ou l'apport faible.

Faut-il inclure les impôts dans le calcul du cashflow ?

Oui. L'impôt sur les loyers est une sortie d'argent réelle, au même titre que la mensualité. Les premières années d'un crédit, les intérêts déductibles au régime réel l'annulent souvent. Il réapparaît ensuite, quand les intérêts diminuent : un calcul fait sur la seule première année surestime donc le cashflow des années suivantes.

Qu'est-ce qu'un effort d'épargne en immobilier locatif ?

C'est le montant que vous ajoutez chaque mois de votre poche quand le cashflow est négatif. Une partie de cet effort rembourse le capital emprunté et se transforme en patrimoine. L'autre partie paie les intérêts, l'assurance et les charges non couverts par le loyer : c'est le coût réel de l'opération.

Comment obtenir un cashflow positif en 2026 ?

Il faut un rendement brut assez élevé pour couvrir l'annuité du crédit, l'assurance et les charges, souvent au-delà de 7 % avec les taux de 2026 et un financement total. Les leviers sont un prix d'achat bien négocié, un apport plus important, un crédit plus long, un loyer plus élevé ou une fiscalité allégée, par exemple en location meublée.

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À propos de l'auteur

Créateur de FinDeal, l'outil d'analyse d'investissement locatif — je conçois le calculateur et rédige les guides du blog pour aider les investisseurs à décider plus vite et plus sûrement.

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